Depuis toujours dans le champ de l’écrit, le terme de genre est utilisé comme une notion de type catégoriel permettant de classer les productions littéraires en fonction des systèmes de conventions d’écriture auxquelles elles se rapportent. Il existe ainsi des conventions de forme, de contenu, d’effet sur le lecteur, qui nous font dire que tel texte est une fable tandis que tel autre est un polar. Aujourd’hui, la notion de genre s’est généralisée à d’autres modes de communication et le texte est envisagé de façon plus ouverte, plus pragmatique. Ainsi, en muséologie, l’accord est fait pour considérer la muséographie et l’expographie comme des formes d’écriture dans l’espace de l’exposition. Dans ce contexte, Expologie se propose d’étendre le concept de genre au média exposition afin d’étudier le jeu des conventions muséographiques de chacun de ces genres que seraient l’exposition de beaux-arts, l’exposition d’archéologie, celles d’histoire, de sciences ou de sciences naturelles, ou bien encore la maison-musée.
Car c’est bien d’un jeu dont il s’agit, au sens musical de l’exécution, c’est-à-dire de la mise en œuvre dans l’exposition d’un ensemble de codes déjà écrits et formant système. Au minimalisme des cartels des expositions d’art contemporain s’associent l’absence de soclage et la volonté de ne rien interposer entre l’œuvre et le visiteur. A la logorrhée des aides à la visite utilisées dans les expositions d’histoire répond l’utilisation des objets de collections comme autant de témoins, preuves et illustrations. Il existe ainsi des airs de famille reposant sur l’histoire de la muséographie comme sur celles de toutes les disciplines auxquelles se rapportent les expositions : histoire de l’art, sciences naturelles, ethnologie, etc. Mais le jeu implique également interprétation et réinterprétation, maniement, contournement. Commissaires, muséographes, conservateurs et artistes utilisent donc ces conventions pour se jouer des attentes des publics et pour les surprendre. Les conventions muséographiques sont donc des contraintes productives qui à la fois délimitent les univers des possibles pour chacun des genres et imposent leur nécessaire dépassement.
C’est à cette question des genres et à leur transgression que se rapportent les articles, entretiens et pratiques à découvrir de ce 2e trimestre de la vie de Expologie. Consulter le sommaire
Nicolas Blémus et Amélie
Gaucher,
Rédacteurs en chef





